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25 février 2019 à 22:16

Sud Presse-D3: la stabilité athoise prend le pas sur la jeunesse de Tournai

On le sentait venir depuis la reprise : le Pays Vert est désormais, pour l’instant, la première puissance de Wapi en D3. David Bourlard, qui a affronté Tournai et le Pays Vert en 2019, nous aide à analyser les raisons de ce chamboulement dans la hiérarchie.

Il y a encore trois semaines, Tournai était troisième et le Pays Vert pointait à la septième place. Un 2 sur 9 pour l’un et un 9 sur 9 pour l’autre plus tard, les positions sont inversées. On ne peut pas qualifier ce bouleversement de surprise puisqu’on sentait doucement les choses évoluer en ce sens. David Bourlard, le coach du Stade Brainois, connaît très bien les deux formations qu’il a déjà affrontées en 2019. Son avis est donc très pertinent. « La recette des Athois, c’est qu’ils forment un groupe très solidaire. En plus, ça fait un bail que ce groupe joue ensemble. On vient y ajouter quelques retouches tous les ans, sans tout bouleverser. Ceux qui rejoignent l’équipe, comme Hospied cette année, connaissent déjà l’équipe. Le tout avec pas mal d’expérience ! En coulisses aussi le Pays Vert est très stable. » Le contexte est donc bien différent à Tournai. « Tous les ans, le groupe change fortement. Il est aussi composé de joueurs assez jeunes ou de Français qui découvrent le championnat belge et ses spécificités. Il faut aussi voir comment les Tournaisiens se sont entraînés en décembre et janvier. Par ailleurs, le club est aussi moins stable, même si la reprise est désormais actée. »

 

Ils se trouvent les yeux fermés.Ils se trouvent les yeux fermés. - Bernard Libert

Alors, le Pays Vert, bonne surprise du championnat, terminera-t-il devant Tournai en fin de saison ? « C’est du 50-50 », reprend David Bourlard. » Cette série est tellement imprévisible… »

 

Qu’est-ce qui cloche à Tournai qui dégringole?

Alors que le Pays Vert réalise le sans-faute en 2019, du côté de Tournai, on patine avec un triste 5 sur 15. Les problèmes sont nombreux.

Un fond de jeu brouillon

Ces dernières semaines, le jeu de Tournai se résume beaucoup à des passes latérales et des efforts individuels pour tenter de forcer la décision. « Depuis l’arrivée du nouveau T2, Arnaud Trehout, nous essayons de mettre de nouveaux systèmes en place. Mais nous ne parvenons pas encore à les appliquer », expliquait Joris Ndiaye. « Cela ne va pas se faire en un claquement de doigts, il faut du temps », précisait lui Clément Deschryver. Cela tombe mal, car dans l’optique du tour final et vu le calendrier qui se présente, Tournai ne semble pas avoir beaucoup de temps.

Un mental défaillant

Ce qui faisait la force de Tournai l’an passé, c’était l’esprit de groupe et la mentalité positive. En ce moment, on est loin du compte. « Sur les buts concédés, on ne se dit pas que ça va aller. Après mon erreur sur le second but, j’étais déçu et quand je me suis retourné, il y en a qu’un ou deux qui m’ont dit que ce n’était pas grave. Pour le reste, ils ont regardé et baissé les bras », racontait Clément Deschryver.

Manque de vice et d’expérience

Tournai veut proposer du beau jeu et c’est tout à son honneur. Mais c’est peut-être trop par moments ! S’il ne faut pas tomber dans l’excès d’anti-football, Carl Deviaene résumait bien la situation. « Dans le jeu d’Aische, il y avait une certaine maturité que nous n’avons pas. Nos adversaires ont commis beaucoup de fautes professionnelles. On dit fautes professionnelles, mais pour moi, ce sont avant tout des fautes. Et si les arbitres ne voient pas cela… alors que nous, nous nous faisons prendre, nous réagissons et prenons des cartes. » Et comme les dernières années, le RFC Tournai manque de joueurs d’expérience. Même si certains jouent à ce niveau depuis quelques saisons, on ne peut clairement compter que sur un Julien Desire pour apporter son vécu. C’est trop peu, et cela se vérifie encore dans les moments clés.

Des pions sur la touche

Ce n’est pas une excuse, mais des Ivanof et Denis, titulaires depuis le début de saison, sont à l’infirmerie. Défensivement, ils étaient précieux. Et Tournai attend maintenant une clean sheet depuis début décembre, cela commence à faire long. Surtout qu’à la base, il s’agit de la grande force du club.

Loïc Collet

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