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19 octobre 2019 à 11:19

L'avenir-Vincent Massy, la psychologie du coach

Au Pays Vert, l’adjoint de Fabrice Milone, au-delà d’être un maître tacticien, a tout l’art de relativiser les choses et surtout le football. RSD Jette - Pays Vert : Dimanche à 15 h

Parce qu’il paraît que ça fait du bien de temps en temps de consulter, on a pris rendez-vous avec Vincent Massy, l’adjoint de Fabrice Milone, qui, à écouter ses propos, donne plus l’impression d’être psy qu’entraîneur. Cela tombe plutôt bien... On a voulu comprendre pourquoi le Pays Vert a été si décevant face à Wavre dimanche passé? Sans tomber dans le dramatique car ce n’est «qu’un match de foot perdu», comme le dit si bien le T2.

Vincent, dites-nous ce que vous pensez du revers face à Wavre…

Que dire? On en a discuté ce mardi avec Fabrice et on est arrivé à la conclusion qu’on n’arrive pas à faire mainmise sur un match qu’on domine face à un adversaire qui refuse le jeu. En fait, on a de plus en plus l’impression d’être une équipe de contres. Si on nous laisse le ballon, on est à la peine pour poser le jeu et construire.

On l’a bien vu dimanche passé…

 

On avait la possession mais on n’a pas eu une réelle occasion franche. La seule, c’était la tête de Fiévez sur le poteau qui arrive sur un corner. Dans le jeu, qu’est-ce qu’on a eu à se mettre sous la dent? Preuve que lorsqu’on joue une équipe qui ne joue pas, on a des soucis.

Quelle en est l’explication?

Vous savez ce qu’on dit: on vit avec ses habitudes! Chassez le naturel et il revient au galop! Nos joueurs ont quelque part gardé les habitudes de la provinciale. Qu’est-ce que l’on fait en P1 ou P2 quand on ne sait pas quoi faire? On balance de longs ballons. Mais ce n’est pas ça, le foot en D3! En tout cas, avec Fabrice, on ne le voit pas comme ça. Il y a un côté paradoxal dans nos prestations: pour certains matches difficiles, on a la maturité pour signer des exploits; quand le match est à notre portée car l’adversaire est dit plus faible, on peut arriver à le gérer de A à Z tout en le perdant en fin de compte, comme à Belœil en Coupe de Belgique.

Le constat est bien là mais il faut la solution désormais, le déclic…

On se martèle l’esprit pour essayer de comprendre pourquoi ça cale mais on ne sait pas trop. La raison peut être purement tactique parfois: face à Wavre, une fois à dix, on a sorti Val Ramser pour Julien Jadot afin de renforcer le milieu de terrain mais ce dernier a joué trop haut; on a replacé Quentin Hospied à sa place qui a commis la même erreur, ce qui a créé un trou dans l’entrejeu, ce qui a asphyxié Sven Leleux. D’où le but pris dans les arrêts de jeu, j’en suis sûr!

Pour un 0-1 face à une équipe qui n’avait rien d’un foudre de guerre…

C’était faiblard. Avec le recul, je me dis aussi que pour jouer au foot, il faut deux équipes qui le veulent… Dimanche, je me suis mis à la place du spectateur qui a payé pour voir un tel match. Je ne suis pas fier!

Les joueurs en étaient-ils conscients de ce «petit match»?

Bien sûr et chacun s’est remis en question en semaine. Pour ça, on n’a aucune inquiétude à avoir avec ce groupe. Avec Fabrice, on l’a fait aussi: a-t-on tout fait pour éviter que le bateau reste à quai?

Il est resté à quai, il n’a pas coulé…

On a perdu à domicile, face à une équipe bien plus mal classée, mais il n’y a pas péril en la demeure dans la quête de notre maintien via les 40 points. Puis, ce n’est que du foot. On reste dans le pur amateurisme. On ne sait jamais à l’avance dans quel état d’esprit arrive un joueur. Par moments, on est moins bien parce qu’il y a des choses dans la vie qui font que. C’est ça aussi la D3 et c’est pourquoi au niveau du staff, on garde toujours notre porte ouverte aux joueurs pour discuter de foot, de nos choix et de tout autre chose.

Vous êtes plus psy que coach…

Dis à un bon sportif qu’il est mauvais, il finira par le croire. Dis à un sportif moyen qu’il est bon et il fera tout pour le devenir. Mettre un joueur bien dans la tête, c’est 80% du travail. On arrive dans une période difficile. L’automne, l’hiver, une période de dépressifs. Il y a le soir qui tombe vite, le boulot qui peut user et les examens qui peuvent angoisser… Ces amateurs vont devoir puiser dans leur énergie pour venir au football. Notre but sera alors de discuter s’il le faut pour les booster. C’est ça aussi, le rôle d’un coach.

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